Un numéro spécial diaristes suisses

et un hors-série Amiel/Guédin

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Les Moments littéraires n° 43

Amiel & Co

La Suisse semble être une terre d’élection pour l’introspection.

Jean-Jacques Rousseau avait ouvert la voie avec ses Confessions. Amiel lui a emboîté le pas avec son monumental Journal, et, à sa suite, sont venus Jaccottet et ses semaisons, Georges Haldas et ses carnets ainsi que Maurice Chappaz, Alexandre Voisard, Gustave Roud, Alice Rivaz, Ramuz...

Face à la richesse et à la densité de ces œuvres où l’intime et la littérature se côtoient, Les Moments littéraires ont souhaité consacrer leur n° 43 à des journaux intimes d’écrivains suisses de langue française.

Les écrivains au sommaire du n°43 :


(de gauche à droite) : Henri-Frédéric Amiel, Anne Brécart, Corinne Desarzens, Jean-François Duval, Alexandre Friederich, René Groebli, Roland Jaccard, Jean-Louis Kuffer, Douna Loup, Jérôme Meizoz, Jacques Mercanton, C. F. Ramuz, Noëlle Revaz, Jean-Pierre Rochat, Gustave Roud, Daniel de Roulet, Catherine Safonoff, Monique Saint-Hélier, Marina Salzmann, François Vassali, Alexandre Voisard, Jean-Bernard Vuillème, Luc Weibel.

Tous les textes sont inédits, hormis ceux de Amiel, Ramuz et Saint-Hélier.

 

Les Moments littéraires n°43 avec un cahier de 8 photographies de René Groebli

Broché, 13,0 x 20,5, 336 pages

16 € pour la France, 26 € pour l'étranger (frais de port inclus)

Distribué en Suisse par ZOE

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Les Moments littéraires - hors série n° 3

Henri-Frédéric Amiel - Élisa Guédin

CORRESPONDANCE

1869-1881

Édition établie et annotée par Gilbert Moreau et Luc Weibel
Avant-propos de Luc Weibel



Henri-Frédéric Amiel (1821-1881), écrivain et philosophe suisse, est l’auteur d’un journal intime dont la première édition (partielle) en 1883 lui apporta une célébrité immédiate. Depuis lors, ce journal (dont le manuscrit compte 16000 pages) a fait l’objet d’une publication intégrale en douze volumes aux éditions L’Âge d’homme (1976-1994). Outre son Journal, Amiel a laissé une abondante correspondance, largement inédite.

Dans la dernière partie de sa vie, Amiel a engagé un échange de lettres avec une jeune femme rencontrée chez l’un de ses collègues universitaires, Élisa Guédin. L’éternel candidat au mariage qu’il était a-t-il songé à l’épouser ? D’entrée de jeu, Élisa le prévient qu’il n’en est pas question, en recourant à cette formule : « Homme ne puis, femme ne daigne, âme suis. »

Il en résulte pourtant une longue correspondance (144 lettres), inconnue jusqu’à ce jour, récemment retrouvée dans une maison de campagne genevoise.

De quoi parlent les deux correspondants ? De la nature de leur relation (à laquelle Amiel a donné un nom : l’« amouritié »), de la possibilité ou non de se rencontrer, de leurs lectures, de leurs idées, de leurs activités, de leurs voyages. Dans ses lettres, Amiel se montre un partenaire enjoué, habile à mener un échange qui s’apparente parfois au marivaudage. Pour sa part, Élisa tient un discours plus ambitieux. Cette femme brillante est en quête d’une vocation. Amiel lui suggère de s’orienter vers la critique littéraire, ce qu’autoriseraient ses belles qualités d’analyse et de style. Elle n’en a cure. Elle voudrait se consacrer aux déshérités. Mais ses tentatives, dans des institutions tenues par des religieuses, à Lyon ou à Paris, tournent court. Elle tient à ses aises… et à ses vacances, qu’elle passe dans des stations thermales à la mode.

Quel que soit l’état de son âme, elle s’exprime toujours avec talent et parsème ses propos de références littéraires puisées aux meilleures sources. Parfois agacé par l’aplomb de sa correspondante, Amiel admire la qualité de son expression : il recopie plus d’un passage de ses lettres dans son journal.

Cette édition est précédée d’un avant-propos de Luc Weibel, qui précise dans quelles circonstances les lettres sont arrivées jusqu’à nous. Elle est accompagnée d’un appareil de notes et d’un répertoire des personnes mentionnées, qui éclairent les nombreuses allusions des correspondants au contexte intellectuel, littéraire, religieux et philosophique de l’époque.

 

Gilbert Moreau est le fondateur et le directeur de la revue Les Moments littéraires.

Luc Weibel est historien, écrivain, auteur de plusieurs « récits de vie » (dont Madeleine Lamouille : pipes de terre et pipes de porcelaine, souvenirs d’une femme de chambre en Suisse romande, 1920-1940, Éditions Zoé, 1978). Il a publié Les Petits Frères d’Amiel : entre autobiographie et journal intime, préfacé par Philippe Lejeune (Zoé, 1997).

 

Les Moments Littéraires, hors-série n°3

Broché, 13,0 x 20,5, 360 pages

21 € pour la France, 32 € pour l'étranger (frais de port inclus)

Distribué en Suisse par ZOE

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Pour un aperçu des 43 numéros de la revue, consultez le catalogue

Actualités

Marion Dessaules

Une enfance aux éclats

MJW Féditions

Ceci n’est pas un récit d’enfance, mais une série de fragments, entre rires et larmes, sur un passé qui a eu bien du mal à passer. Ceci n’est pas non plus un rêve d’enfant : il ne s’agit pas de rendre justice, comme quand on était petit, puisque la vie est injuste, on nous l’a assez répété. Ce sont des éclats, comme ceux d’un miroir brisé : en se voyant en morceaux, on peut aussi se couper. Ça s’est passé près de chez vous, en province, dans les années 1970…


Blossom Margaret Douthat

Un amour de la route

Lettres à Simone de Beauvoir

août-octobre 1958

Éditions du Mauconduit

Le 3 juin 1958, Simone de Beauvoir reçoit un cadeau hors du commun : le journal manuscrit (8 000 pages) de Blossom Douthat, une étudiante américaine, admiratrice de l’œuvre de Sartre et de la sienne. « En général, les journaux intimes me fascinent, et celui-ci est assez extraordinaire », écrit-elle dans La Force des choses (Pléiade, t. II, p. 130).

Blossom, après plusieurs rencontres avec Simone de Beauvoir, lui envoie, l’été suivant cinq longues lettres sous forme de journal. Ce sont ces lettres que publie Mauconduit sous le titre Un amour de la route. Elle y raconte sa virée en autostop de Paris à Milan et son projet de coucher avec qui lui plaira, « sans me retenir, mais sans m’attacher ». Un choix qu’elle ne parviendra pas à assume : elle tombe sous le charme d’un camionneur, Raymond le Niçois, la quarantaine, communiste (elle ne couche qu’à gauche !), qui va la mener en bateau tout l’été ? « Un roman picaresque de l’amour en autostop », comme l’écrit Philippe Lejeune dans sa préface.