Prix Clarens du Journal intime 2026
Première sélection

Les six livres retenus sont : Pierre Bergounioux, Carnet de notes, 2021-2025, Verdier ; Joan Didion, Notes à John, Grasset ; Paul Gadenne, Carnets 1937-1947, Éditions Des Instants ; Julien Green, Toute ma vie. Journal intégral (T IV 1951-1958), Bouquins ; Derek Jarman, Nature Moderne, Actes sud ; Paul Nizon, Le Clou dans la tête. Journal 2011-2020, Actes Sud.
Le jury est composé de Daniel Arsand, Michel Braud, Béatrice Commengé, Colette Fellous, Blandine de Caunes, Gilbert Moreau (président du jury), Claire Paulhan, Robert Thiéry. Il se réunira en octobre pour établir la sélection finale ; le lauréat sera désigné fin novembre.
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Les Moments littéraires n° 56
Grégoire Bouillier
Le rapport, un nouveau genre littéraire

De Rapport sur moi à Un Printemps avec Arsène Lupin en passant par Le Dossier M, Grégoire Bouillier suit sa propre voie. Comme le roman, l'essai, l'autobiographie, voire la poésie ne lui convenaient pas, il décida dès son premier livre de faire à sa guise et inventa un nouveau genre littéraire : le rapport.
Ses trois premiers livres avaient habitué le lecteur à de petits formats (moins de 160 pages). Puis vinrent les 1 800 pages du Dossier M. Depuis ses livres font toujours plus de 400 pages.
Pourquoi cette inflation de mots ? Grégoire Bouillier travaille la veine autobiographique comme le conseillait François Mauriac dans ses Mémoires intérieurs : « l'auteur d'une autobiographie est condamné au tout ou rien. Ne dis rien si tu ne dois pas tout dire : ton monologue doit être l'expression du magma. ». C’est pourquoi Le dossier M est monumental (deux volumes de 900 pages et un site internet comportant des textes-bonus).
Pour le dossier que nous lui consacrons, Grégoire Bouillier a écrit Chut(e), un texte magistral, drôle, sans cesse rebondissant et si vivant, bien caractéristique de son œuvre.
Dans ce dossier, vous trouverez :
- Rapport sur Bouillier d'Hervé Le Tellier ;
- entretien avec Grégoire Bouillier ;
- Chut(e) un inédit de Grégoire Bouillier
Laurent Dauptain, entretien & portfolio
Laurent Dauptain est peintre. Si son œuvre comporte des portraits, des paysages urbains, des marines et des natures mortes, c'est l'autoportrait qui domine sa production. Entre 1997 et 2024, il en réalisa 240, constituant ainsi une sorte de journal intime.
Michel Braud, Journal de Cracovie, 1990-1991
En 1987, jeune professeur certifié, Michel Braud est affecté comme lecteur à l'université Jagellonne de Cracovie. À partir de 1990, il tient un journal. Les pages que nous publions montrent la vie au quotidien, et les changements politiques que la Pologne a connus en 1990-1991.
Michaël Ferrier, Les jours Ferrier
Michaël Ferrier vit au Japon depuis 1992, où il enseigne la littérature à l'université Chuo (Tokyo). En janvier 1988, il commence à tenir un journal, que l'on peut qualifier de journal intime, d'herbier de voyage ou de laboratoire d'écriture.
Ferdinand Bac, Journal 1922
Ferdinand Bac (1859-1952) est un écrivain, dessinateur, caricaturiste, décorateur, paysagiste et lithographe. Tout au long de sa vie, il ne cessera d'écrire, entretenant de nombreuses correspondances avec ses amis et tiendra son Livre-Journal, dont les années 1919, 1920 et 1921 ont été publiées aux éditions Claire Paulhan.
Anne Coudreuse, Chronique littéraire.
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Les Moments littéraires n° 55
Hélène Hoppenot
Ambassadrice, diariste et photographe
Hélène Hoppenot ,
posant pour Paul Claudel en juillet 1918 au Brésil.
Archives du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.
Ce numéro des Moments littéraires est entièrement consacré à Hélène Hoppenot.
Née à Paris en juillet 1894, Hélène Delacour épouse, en 1917, Henri Hoppenot, diplomate. Elle suivra son mari dans ses différents postes (Rio de Janeiro, Téhéran, Santiago du Chili, Berne, Beyrouth, Berlin, Pékin, Paris, Montevideo, Washington, Berne, New-York, Saïgon). L’aventure commence en avril 1917 quand son mari est nommé secrétaire d'ambassade à Rio de Janeiro ; le couple rejoint le ministre plénipotentiaire Paul Claudel et son secrétaire personnel Darius Milhaud.
Dès Rio, Hélène Hoppenot tient son Journal intime où elle y raconte ses coups de cœur devant des superbes paysages, ses révoltes face à la misère et brosse les portraits des hommes politiques ou des artistes qu’elle rencontre.
Pendant les quatre années en Chine, elle remplacera sa plume par un Rolleiflex car « ce qui est parfait ne se raconte pas » et c’est par la photographie qu’elle captera la vie quotidienne, les paysages, les traditions et les monuments. De cette période, elle tirera un livre de photos (Extrême-Orient). Par la suite, trois autres livres seront publiés.
Au sommaire du n°55
Après un portrait d’Hélène Hoppenot par Marc Mousli, nous vous proposons d’entrevoir son Journal.
Tout d’abord, avec un portrait de Romain Gary élaboré avec les nombreuses entrées du Journal consacrées à cet écrivain qui fut nommé, en 1950, à l’ambassade de France à Berne alors qu’Henri Hoppenot était ambassadeur. Il s’en suivra une longue amitié entre l’écrivain et le couple.
Ensuite, vous découvrirez le talent d’Hélène Hoppenot pour croquer en quelques phrases les personnalités qu’elle côtoie (Louis Aragon, Joséphine Baker, Georges Bidault, Brancusi, Blaise Cendrars, Winston Churchill, Paul Claudel, Colette, Charles de Gaulle, Saint-John Perse, André Malraux, François Mauriac, Darius Milhaud, Henry de Monfreid, Pablo Picasso, Jean-Paul Sartre, Érik Satie…).
Le portfolio regroupe une dizaine de portraits d’Hélène Hoppenot réalisés par Henri Hoppenot, Paul Claudel et Marie Roberte Dolléans-Guignard.
Pour appréhender les différentes facettes de cette personnalité, nous avons demandé à Olivier Barrot de nous raconter sa première visite à Hélène Hoppenot, durant laquelle il fut d’emblée saisi par la collection de tableaux que le couple avait constituée : Picasso, Max Ernst, Masson, De Chirico, Juan Gris, Matisse, Braque...
Béatrice Mousli nous fait découvrir les états d’âme d’Hélène Hoppenot concernant la tenue de son Journal (« Une fois de plus, je m’interroge ; pourquoi ai-je noté cette visite ? tout cela est si insignifiant et inutile… Pour m’occuper un laps de temps, ce temps si long parfois ? Sachant que, bientôt, j’écrirai le mot “ fin” au bout d’une page de cet inintéressant Journal ! » puis sur sa conservation « pour qui ? et pour quoi ? » se demandait-elle.
Tania Cavassini, ambassadrice de Suisse à Paris, nous livre ses impressions à la lecture des notes d’Hélène Hoppenot sur la relation diplomatique entre la Suisse et la France vu d’un « angle rarement choisi : la vie intime d’un couple qui fait équipe pour accomplir la mission confiée à un seul des deux ; à une époque où il était tout naturel que Madame accompagnât Monsieur l’Ambassadeur, sans aucune autre forme de compensation ou de rétribution, hormis de recevoir le titre honorifique de Madame l’Ambassadrice. »
Claire Paulhan, dont la maison d’édition a publié le Journal en 4 volumes (le dernier a été couronné par le Prix Clarens du journal intime 2024) évoque le travail au long cours de cette publication.
La chronique d’Anne Coudreuse consacrée au 4e volume du Journal clôture ce numéro.
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Pour un aperçu des 56 numéros de la revue, consultez le catalogue
Actualités

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Prix Sévigné : première sélection
Virginia Woolf/Vanessa Bell, Baisers du Singe (1904-41), La Table ronde ; François Mauriac « Je te dis toute ma tendresse » Correspondance (1926-70) avec Claude Mauriac; Albin Michel ; Pierre Goldman, Lettres à K., Séguier ; Romain Gary, Lettres à Sigurd. 1937-1944, Gallimard ; Régis Debray/Sylvain Tesson, Le grimpeur et le grognard, Gallimard-Équateurs.

Editions Fata Morgana
Depuis son lit d’hôpital, Pierre Bergounioux se rappelle les années d’ennui de sa jeunesse, ses premières pensées pour la mort, son attrait, les plans pour échapper aux vanités de son existence et ce qui le retint, tout de même, jusqu’à soixante ans passés.
Julien Green
Bouquins
Œuvre couvrant soixante-dix ans de la vie de l'écrivain, le Journal de Julien Green n'avait jamais été publié dans sa version intégrale et définitive. L'auteur en avait délibérément écarté les pages les plus intimes, jugeant impubliable de son vivant cette " confession qui rétablissait la vérité ". Mais il se déclarait favorable à ce qu'elle fût exhumée le moment venu. C'est chose faite aujourd'hui avec cette édition.
Honoré Champion
Paule Régnier est une romancière des années 1930-1940 qui a connu un certain succès avec L’Abbaye d’Evolayne. Handicapée par le mal de Pott, elle tient toute sa vie un journal intime. Ce volume présente le texte intégral des derniers cahiers, de 1935 à 1950, établi sur le manuscrit conservé à la médiathèque de Charleville-Mézières.
Paule Régnier vit avec le souvenir de son amour pour le poète Paul Drouot, mort sur le front en 1915, s’interroge sur son œuvre, décrit le monde littéraire dans lequel elle évolue, réfléchit sur l’existence et sur la mort, puis bientôt moralement écrasée par la perspective d’une nouvelle guerre, choisit de faire confiance à Pétain – tout en se révoltant contre le sort fait aux juifs et en reconnaissant, à la Libération, son erreur sur de Gaulle. Dans les années qui suivent, elle continue de croire à la littérature mais demeure effrayée par la menace que fait peser la bombe atomique sur le monde. Lorsque son dernier récit, de tonalité plus autobiographique, est refusé par son éditeur, elle choisit de mettre fin à ses jours. Bien qu’évoluant dans un milieu conservateur et catholique, elle conserve une liberté de ton, une vivacité et une capacité d’émotion poignante qui saisissent le lecteur.
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Jocelyne François



