Prix Clarens du journal intime 2021

Première sélection


Les 6 titres sélectionnés : Pierre Bergounioux, Carnet de notes, 2016-2020, Verdier / René Depestre, Cahier d'un art de vivre, Journal de Cuba 1964-1978, Actes Sud / Roland Jaccard, Le Monde d’avant, Journal 1983-1988, Serge Safran éditeur / Albert Memmi, Les hypothèses infinies, Journal 1936-1962, ITEM/CNRS éditions, collection « Planète libre » / Anita Pittoni, Journal 1944-1945, Éditions La Baconnière / Dumitru Tsepeneag, Un roumain à Paris, P.O.L.

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Les Moments littéraires n° 46

Autour de Simone de Beauvoir

Simone de Beauvoir, en juillet 1946, à Milan
© Photo : Droits Réservés

Le journal intime de Simone de Beauvoir, diariste intermittente, est encore largement à découvrir. Les deux extraits inédits que nous publions appartiennent aux années 1945 et 1946.

Le premier est un carnet de voyage tenu en 1945 lors d’un séjour à Madrid où l’écrivaine passa quatre jours, dans l’intention d’écrire un reportage pour Combat – le journal de Camus.

Le second reprend les pages de son journal d’aout 1946. Au travers de cette chronique parisienne, nous découvrons le couple Sartre-Beauvoir au cœur de la vie intellectuelle, artistique et politique parisienne. Ces deux extraits sont présentés par Sylvie Le Bon de Beauvoir.

Dans La Force des Choses, Simone de Beauvoir évoque à plusieurs reprises Blossom Douthat, une jeune américaine (appelée Joan par l’auteur) qui, au cours d’un séjour en France (1957-1958), rencontre l’écrivaine. Les Moments littéraires publient l’année 1958 du journal de Blossom que Simone de Beauvoir qualifie, dans ses Mémoires, d’"extraordinaire" et d’"extravagant". Claudine Krishnan retrace le parcours des 17 volumes de ce journal que Blossom laissa à Simone de Beauvoir avant de revenir aux États-Unis.

Autour de Simone de Beauvoir

  • Simone de Beauvoir à Madrid et Paris au lendemain immédiat de la Seconde Guerre mondiale de Sylvie Le Bon de Beauvoir
  • Journal du 28 février au 3 mars 1945 – Madrid de Simone de Beauvoir
  • Journal août 1946 – Retour à Paris fin août de Simone de Beauvoir
  • Un journal « extraordinaire » de Claudine Krishnan
  • Journal, tome 17 (3-10 juin 1958) de Blossom Margaret Douthat

Également au sommaire du n°46 

Olivier Roller : portfolio

Olivier Roller s’est spécialisé dans le portrait photographique. Depuis 2009, il réalise une fresque photographique sur les figures du pouvoir (financiers, publicitaires, intellectuels, diplomates…). D’une toute autre nature, le portfolio que nous publions s’intitule La Muette et regroupe une série de portraits qu’Olivier Roller a réalisés de sa mère au fil des ans. Jacques Goulet nous livre ses impressions à la vue de cette série.


Benoîte Groult : Journal 1964

Dans son introduction au journal de Benoîte Groult, Blandine de Caunes, sa fille, souligne que « Le journal intime est depuis toujours une tradition familiale chez les Groult. Nicole, ma grand-mère, avait décrété que ses filles avaient deux obligations chaque soir : se laver les dents et écrire leur journal qui, régulièrement, devait lui être lu à haute voix… ». Nous publions l’année 1964 du journal de Benoîte Groult, journaliste, romancière, militante féministe, auteur de Ainsi soit-elle.


Yaël Pachet : Tout paysage se présente d’abord comme un immense désordre

Écrivaine, choriste au sein du chœur permanent d'Angers-Nantes Opéra, dans le pupitre d’alto 1, Yaël Pachet nous livre ses notes prises durant la pandémie du Covid où elle tente de circonscrire un territoire personnel.


Caroline De Mulder : 1999 l’été, à Gand

Écrivaine belge, essayiste et chercheuse en littérature, Caroline De Mulder a publié en 2020 Manger Bambi dans la collection « La Noire » de Gallimard. Elle nous propose un récit autofictionnel.


Les chroniques littéraires d’Anne Coudreuse

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Hors-série n° 3

HENRI-FREDERIC AMIEL - ÉLISA GUÉDIN

Correspondance (1869-1881)

Dans la dernière partie de sa vie, Amiel a engagé un échange de lettres avec une jeune femme rencontrée chez l’un de ses collègues universitaires, Élisa Guédin. L’éternel candidat au mariage qu’il était a-t-il songé à l’épouser ? D’entrée de jeu, Élisa le prévient qu’il n’en est pas question, en recourant à cette formule : « Homme ne puis, femme ne daigne, âme suis. »

Il en résulte pourtant une longue correspondance (144 lettres), inconnue jusqu’à ce jour, récemment retrouvée dans une maison de campagne genevoise.

De quoi parlent les deux correspondants ? De la nature de leur relation (à laquelle Amiel a donné un nom : l’« amouritié »), de la possibilité ou non de se rencontrer, de leurs lectures, de leurs idées, de leurs activités, de leurs voyages. Dans ses lettres, Amiel se montre un partenaire enjoué, habile à mener un échange qui s’apparente parfois au marivaudage. Pour sa part, Élisa tient un discours plus ambitieux. Cette femme brillante est en quête d’une vocation. Amiel lui suggère de s’orienter vers la critique littéraire, ce qu’autoriseraient ses belles qualités d’analyse et de style. Elle n’en a cure. Elle voudrait se consacrer aux déshérités. Mais ses tentatives, dans des institutions tenues par des religieuses, à Lyon ou à Paris, tournent court. Elle tient à ses aises… et à ses vacances, qu’elle passe dans des stations thermales à la mode.

Quel que soit l’état de son âme, elle s’exprime toujours avec talent et parsème ses propos de références littéraires puisées aux meilleures sources. Parfois agacé par l’aplomb de sa correspondante, Amiel admire la qualité de son expression : il recopie plus d’un passage de ses lettres dans son journal.

Cette édition est précédée d’un avant-propos de Luc Weibel, qui précise dans quelles circonstances les lettres sont arrivées jusqu’à nous. Elle est accompagnée d’un appareil de notes qui éclairent les nombreuses allusions des correspondants au contexte intellectuel, philosophique, religieux et littéraire de l’époque. (360 pages)

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Pour un aperçu des 46 numéros de la revue, consultez le catalogue

Actualités


Sophie Jujas
Nicolas Malais

Rose de Freycinet se déguisant en homme afin d’embarquer pour un tour du monde, Benjamin Constant incapable de rompre, Marie Curie disant adieu à l’amour de sa vie, George Orwell cultivant son jardin, Victor Klemperer témoignant de la barbarie nazie en marche, Sylvia Plath racontant son coup de foudre pour un certain Ted Hughes, Cesare Pavese luttant contre la tentation du suicide, Benoîte Groult savourant les émois d’un triangle amoureux à l’aube de la vieillesse… À chacun son journal pour se scruter ou ausculter le monde. Émouvants, étonnants, magnifiques, drôles, les manuscrits ici reproduits renaissent et nous transportent.


Après ses Carnets de jeunesse (1947-1950), voici Journal de 5 à 7 qui couvre les années 1962-1983. Nous y retrouvons les passions de René Fallet (la littérature, le vélo, les femmes), son amitié avec Georges Brassens, son goût pour les bars, la pêche et Paris mais aussi sa détestation de la politique.


Tenu durant près de six décennies (1907-1963), Henryk Elzenberg y expose ses réflexions, explorant parmi les sources les plus vives issues de la haute culture occidentale (Platon, Shaftesbury, Goethe, Flaubert, etc.). En disciple des Stoïciens, dont il adopta l'idée du renoncement, mais resté hermétique à toute pensée du déclin, il conserva pour principal horizon cette joie de saisir dans la dynamique même de l'esprit les conditions d'un réel enracinement, nous laissant nombre de lignes directrices applicables à notre crépuscule. Ne notait-il pas dès 1910 : « Il n'est pas de meilleur indicateur de la vitalité d'un individu que son attitude face à la mort. »



Prix Sévigné 2020

Louise de Vilmorin
Jean Hugo