Les Moments littéraires n° 55
Hélène Hoppenot
Ambassadrice, diariste et photographe
Hélène Hoppenot ,
posant pour Paul Claudelen juillet 1918 au Brésil.
Archives du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.
Ce numéro des Moments littéraires est entièrement consacré à Hélène Hoppenot.
Née à Paris en juillet 1894, Hélène Delacour épouse, en 1917, Henri Hoppenot, diplomate. Elle suivra son mari dans ses différents postes (Rio de Janeiro, Téhéran, Santiago du Chili, Berne, Beyrouth, Berlin, Pékin, Paris, Montevideo, Washington, Berne, New-York, Saïgon). L’aventure commence en avril 1917 quand son mari est nommé secrétaire d'ambassade à Rio de Janeiro ; le couple rejoint le ministre plénipotentiaire Paul Claudel et son secrétaire personnel Darius Milhaud.
Dès Rio, Hélène Hoppenot tient son Journal intime où elle y raconte ses coups de cœur devant des superbes paysages, ses révoltes face à la misère et brosse les portraits des hommes politiques ou des artistes qu’elle rencontre.
Pendant les quatre années en Chine, elle remplacera sa plume par un Rolleiflex car « ce qui est parfait ne se raconte pas » et c’est par la photographie qu’elle captera la vie quotidienne, les paysages, les traditions et les monuments. De cette période, elle tirera un livre de photos (Extrême-Orient). Par la suite, trois autres livres seront publiés.
Au sommaire du n°55
Après un portrait d’Hélène Hoppenot par Marc Mousli, nous vous proposons d’entrevoir son Journal.
Tout d’abord, avec un portrait de Romain Gary élaboré avec les nombreuses entrées du Journal consacrées à cet écrivain qui fut nommé, en 1950, à l’ambassade de France à Berne alors qu’Henri Hoppenot était ambassadeur. Il s’en suivra une longue amitié entre l’écrivain et le couple.
Ensuite, vous découvrirez le talent d’Hélène Hoppenot pour croquer en quelques phrases les personnalités qu’elle côtoie (Louis Aragon, Joséphine Baker, Georges Bidault, Brancusi, Blaise Cendrars, Winston Churchill, Paul Claudel, Colette, Charles de Gaulle, Saint-John Perse, André Malraux, François Mauriac, Darius Milhaud, Henry de Monfreid, Pablo Picasso, Jean-Paul Sartre, Érik Satie…).
Le portfolio regroupe une dizaine de portraits d’Hélène Hoppenot réalisés par Henri Hoppenot, Paul Claudel et Marie Roberte Dolléans-Guignard.
Pour appréhender les différentes facettes de cette personnalité, nous avons demandé à Olivier Barrot de nous raconter sa première visite à Hélène Hoppenot, durant laquelle il fut d’emblée saisi par la collection de tableaux que le couple avait constituée : Picasso, Max Ernst, Masson, De Chirico, Juan Gris, Matisse, Braque...
Béatrice Mousli nous fait découvrir les états d’âme d’Hélène Hoppenot concernant la tenue de son Journal (« Une fois de plus, je m’interroge ; pourquoi ai-je noté cette visite ? tout cela est si insignifiant et inutile… Pour m’occuper un laps de temps, ce temps si long parfois ? Sachant que, bientôt, j’écrirai le mot “ fin” au bout d’une page de cet inintéressant Journal ! » puis sur sa conservation « pour qui ? et pour quoi ? » se demandait-elle.
Tania Cavassini, ambassadrice de Suisse à Paris, nous livre ses impressions à la lecture des notes d’Hélène Hoppenot sur la relation diplomatique entre la Suisse et la France vu d’un « angle rarement choisi : la vie intime d’un couple qui fait équipe pour accomplir la mission confiée à un seul des deux ; à une époque où il était tout naturel que Madame accompagnât Monsieur l’Ambassadeur, sans aucune autre forme de compensation ou de rétribution, hormis de recevoir le titre honorifique de Madame l’Ambassadrice. »
Claire Paulhan, dont la maison d’édition a publié le Journal en 4 volumes (le dernier a été couronné par le Prix Clarens du journal intime 2024) évoque le travail au long cours de cette publication.
La chronique d’Anne Coudreuse consacrée au 4e volume du Journal clôture ce numéro.
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Les Moments littéraires n° 54
Denis Grozdanovitch, Carnets.
À l'âge de quinze ans, Denis Grozdanovitch commence à prendre des notes dans des carnets qui inspireront le Petit traité de désinvolture (José Corti, 2002), La Puissance discrète du hasard (Denoël, 2013), Le Génie de la bêtise (Grasset, 2017) ou Une affaire de style (Grasset, 2025). Sous le titre Le journal intime comme exercice d’entretien spirituel, Denis Grozdanovitch nous offre quelques pages de son carnet de 2025 suivi de The show must go on ! un portrait de Roland Jaccard.
Marcel Cohen, Ateliers d’écriture.
L’auteur de Faits recense ici les méthodes de travail d’une soixantaine d’écrivains. On apprend ainsi que Marguerite Duras écrivait dans sa chambre à coucher, mais était incapable de travailler si le lit n’était pas fait ou que Roger Laporte avait une petite clochette sur son bureau qu’il agitait lorsqu’il avait terminé de travailler afin que sa femme et ses enfants ne se sentent plus obligés de faire le moins de bruit possible dans l’appartement.
Christian Garcin, Notes en vrac.
L’auteur du Carnet japonais, du Carnet d’Orient ou de En descendant les fleuves / Carnets de l'Extrême-Orient russe, nous ouvre ses carnets 2024 où il a consigné quelques bagatelles, événements et choses de peu d'importance qui cependant constituent un réseau de symétrie et de causalité, d’histoires et de symboles.
Daniel Arsand, Klaus Mann – un frère d’âme.
La lecture d’un livre peut bouleverser une vie. C’est en lisant Le Tournant : histoire d'une vie que Daniel Arsand a découvert l’existence d’une « intimité quasi absolue » avec Klaus Mann ; Klaus Mann et son opposition viscérale au nazisme, Klaus Mann et son homosexualité, sa grande solitude, son addiction à la drogue, son désespoir face à la barbarie de notre monde.
Wenjue Zhang, Entretien & Portfolio.
Wenjue Zhang, artiste contemporaine d’origine chinoise, travaille la performance, la photographie, le dessin, la broderie et l’installation. Son art et ses recherches se concentrent sur les questions d’identité, raciale et de genre. À partir de sa pratique photographique, elle interroge la relation qu’établit le regard sur la nudité féminine entre le modèle et l’artiste.
Alphonse Daudet, La Doulou.
Alphonse Daudet (1840-1897) était atteint de tabes dorsalis, une dégénérescence des cordons posté-rieurs de la moelle spinale, conséquence d'une syphilis contractée dans sa jeunesse conjuguée à sa tu-berculose. À partir de 1887, il consigna dans un carnet ses souffrances liées à cette maladie.
La chronique littéraire d’Anne Coudreuse.
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Pour un aperçu des 55 numéros de la revue, consultez le catalogue
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Julien Green
Toute ma vie
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Tome 4 1951-1958
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Tome 4 1951-1958

Œuvre couvrant soixante-dix ans de la vie de l'écrivain, le Journal de Julien Green n'avait jamais été publié dans sa version intégrale et définitive. L'auteur en avait délibérément écarté les pages les plus intimes, jugeant impubliable de son vivant cette " confession qui rétablissait la vérité ". Mais il se déclarait favorable à ce qu'elle fût exhumée le moment venu. C'est chose faite aujourd'hui avec cette édition.
Péter Esterházy
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Au printemps 2015, l’écrivain hongrois Péter Esterházy apprend qu’il est atteint d’un cancer du pancréas et doit suivre un traitement contre cette maladie particulièrement agressive. Il entame alors un journal : entre les nuits passées à l’hôpital, la mise en place de la chimiothérapie et les conversations avec ses proches, il fait surgir un narrateur à la fois révolté et amusé. Révolte contre la menace qui pèse sur le corps en l’abîmant déjà, et amusement devant cette farce que joue la vie en accueillant à l’improviste ce personnage de « demoiselle Pancréas », la maîtresse imposée avec qui il faut bien apprendre à cohabiter.
Al Alvarez
Métailier
Accro à l’adrénaline depuis son plus jeune âge, le poète anglais Al Alvarez – auteur de Nourrir la bête et Le Plus Gros Jeu – se voit obligé de ralentir car son corps de plus de 70 ans ne suit plus son goût du risque. Il décide donc de commencer à nager au quotidien, été comme hiver, dans les étangs de Hampstead Heath, des petites oasis, des fragments de nature sauvage nichés au cœur du nord-ouest de Londres et qu’il connaît depuis son enfance. Un livre élégant et jubilatoire qui prouve qu’il n’y a rien de mieux dans une vie que la natation, le sexe et le sommeil.
Jocelyne François


